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Hélas, le temps nous est compté. PV

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Je voudrais déjà être roi

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Voir le profil de l'utilisateur http://awishyourheartmakes.forumactif.com

Pseudo sur le net : maimihina


MessageSujet: Hélas, le temps nous est compté. PV Dim 4 Déc - 16:20

« Les étoiles sont éclairées pour que chacun puisse un jour retrouver la sienne. »
ft. James & Dimitri


C'était un signe. Je le savais maintenant que j'étais là, presque sans raison. Les mains dans les poches de ma veste en jean, je laissai mes doigts triturer anxieusement des morceaux de papier oubliés et déchirés. Le grand bâtiment s'imposait face à mon regard égaré. Dimitri, je répétai ce nom sans cesse dans mon esprit en espérant que d'un miracle, il ait un quelconque effet sur le présent. Mais rien ne se produisit, et la cour de justice paraissait toujours aussi impressionnante. Les avocats sortaient et rentraient du même ton perpétuellement pressé, certains pinçaient les lèvres en réfléchissant à une lourde affaire, d'autres tentaient d'oublier une plaidoirie peu convaincante en glissant un tube de nicotine dans leur bouche. Ils passaient, se faufilaient devant moi, contre moi, derrière moi, mais je ne voyais rien. Rien que cette foule qui m'entourait, et je cherchais dans cette masse sombre et mouvante le grand brun dont j'espérais reconnaître les traits. Rien n'y fit, et comprimant les battements de mon coeur pour calmer le rythme qui secouait ma poitrine, j'avançais d'un pas déterminé jusqu'à l'accueil.

Le hasard m'avait fait, enfin, j'étais là. Je devais, je le voulais même, écouter mon coeur qui m'interpellait, je n'avais plus rien d'autre à faire. Plus rien d'autre à perdre que des espoirs déjà amaigris par les années. Je me rendais donc à l'accueil, et accoudée au bureau à remplir lentement quelques mots croisés pouvait apercevoir une femme âgée à la crinière aussi blanche que l'écume. Ses yeux ronds comme des billes n'étaient autres que deux étoiles bleues luisant à la lumière de la lampe. Elle semblait fatiguée par les années, mais dans son rictus béat, je réussissais à trouver un quelconque réconfort. Une sorte d'encouragement avant le grand saut final. Avant cette rencontre qui pourrait changer ma vie, ou ne la rendre que plus triste. Ce qui ne devait être qu'un fruit d'hasard m'avait totalement chamboulé. Pourquoi fallait-il que l'accusé se nomme ainsi? J'essayai d'y trouver une raison, de contraindre ma raison à me rassurer, que cet homme n'était pas celui dont j'étais éprise mais la loi avait fait que je devais être là. Et je savais pertinemment que même si la justice ne l'avait point obligé, je n'aurais pu de nouveau retrouver le sommeil déjà tourmenté par ma vie passée. C'était une dernière chance. Dans mon milieu, un dernier coup d'aiguille fatal. J'avais évidemment retiré ma blouse d'infirmière au moment de partir, mais avais bêtement oublié d'ôter le badge accroché à mon chemisier. Et lorsque j'aperçus les yeux océaniques de la grand-mère se poser sur l'étiquette afin de la déchiffrer, je préférai me présenter directement. Ses lunettes gauchement installées sur le bout de son nez prouvaient bien que lire une aussi fine écriture lui serait trop long.

«  Anya. Bonjour, je viens pour un procès. Le procès de Dimitri Kotov, s'il vous plaît? Je suis juré. Voici les papiers, tout est signé."
"Sur votre droite. Là. ... Courage. »

Elle mimait une moue compatissante en remontant ses lunettes, comme habituée aux pleurs qui ressortaient des procès du cher Kotov. J'haussai les épaules, préférant ignorer des remarques qui ne se révélaient être que blessantes. J'avais déposé mon dossier sur la plateforme en bois, et m'étais enfoncée dans le couloir qu'elle avait désigné. Je me souvenais alors de la douce voix qui me chantait: Répète toi sans cesse que tu es une princesse. C'était ce que je faisais depuis que ce souvenir m'était revenu, je tentai de marcher la tête haute, le dos droit. Je laissais mes talons claquer sur le carrelage froid, chaque bruit empêchant le silence de s'installer. Je ne pouvais supporter un tel silence avant un tel moment. J'entrais timidement parmi cette audience encore presque déserte. Je cherchai bien du regard ceux d'un visage connu, cherchant des images qui pourraient me revenir. Des images d'autrefois. En décembre. Je tentais de me souvenir, je le voulais maintenant plus que tout. Je mordillais alors l'intérieur de ma joue avec appréhension, contenant une peine qui ne pouvait s'exprimer qu'en sanglots. Je devais bien paraître. Je m'installai à la place qu'on me désignait dans ces murmures, ces messes basses déplaisantes, comme si l'une d'elles m'attaquait. Mais je n'entendais plus, je ne voyais plus, je ne sentais plus, je faisais glisser ma colonne vertébrale contre le dossier de la chaise sous une expression muette. Attendre un signe, je ne faisais plus que cela.

crackle bones

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addicted to you
baby can't you see i'm calling
a  guy like you should wear a warning
it's dangerous i'm falling
you're toxic


Dernière édition par Anastasia Romanov le Jeu 15 Déc - 22:50, édité 2 fois
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Où est la vraie vie?

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Pseudo sur le net : Kazual


MessageSujet: Re: Hélas, le temps nous est compté. PV Ven 9 Déc - 19:11

[Je teste à la première personne pour voir, si à l’avenir je passe sur la 3ème, j’espère que ça dérangera pas…]





Mon père avait raison. En fait, il avait tout le temps raison. Aussi bougon pouvait-il être. Encore une fois, il vit des policiers rentrer dans la maison en trombe pour me plaquer contre le mur. J’avais beau être habitué… Ni lui ni moi ne l’étions vraiment au fond. J’avais tout juste appris à contracter mes muscles pour que le mur me semble moins douloureux une fois qu’on me faisait l’embrasser, à force. Mon père me regardait me faire amener avec un silence qui devenait de plus en plus déroutant pour moi. Je détestais ça. Surtout quand je clamais haut et fort n’avoir rien fait. Comme il y a quelques jours. Je n’avais rien vendu depuis longtemps. Je n’avais rien volé à part une misérable pomme sur le marché. Je n’avais pas compris le motif de cette arrestation plutôt costaud en plus. Mais me sentant de plus en plus loin de mon père, je finis par abréger mes pauvres plaintes par la demande habituelle à mon père : appeler mon avocat. Ça allait encore ruiner son salaire, je le savais. Tout comme je connaissais ce regard remplit de déception.

Mon avocat et moi dans une pièce sombre, celui-ci m’engueulait encore. A force de me défendre depuis mon adolescence, il devait me prendre pour son fils ou quelque chose du genre. Car il semblait toujours aussi consterné que mon père. J’y voyais la même déception, le même ennui, ce même regard hautain qui ne cessait de me répéter « je t’avais bien dit ». Plusieurs fois, j’avais tenté de lui dire que cette fois l’accusation que l’on me portait était fausse. Que ce faux visa ne venait pas de moi, malgré les nombreuses similitudes. Moi-même je dû m’y reprendre à plusieurs fois avant de m’apercevoir que ce n’était pas de ma propre production. En plus d’apprendre que j’avais un nouveau concurrent pour mon business, j’étais à la limite de la prison à cause d’eux. C’était ce que disait en tout cas mon avocat. Que je la frôlais, à force de « nier la vérité ». Après de nombreux soupirs, l’avocat eut raison de moi : Je devais partir sur le principe que j’étais coupable et donc écoper d’un minimum en me désignant comme tel dès le départ.

Plus le procès se rapprochait et plus je me sentais perdu. Mon père m’abandonnait en continuant de croire à un mensonge de ma part et rien qu’avec ça... Tout mon monde s’effondrait. Comme à chaque fois. Comme pour chacune des fois ou la prison m’ouvrait ses grilles. J’avais envie de me dire que j’y étais habitué. Mais aucun homme ne peut réellement s’y habituer au fond. Le peu de réconfort qui m’était offert était ce regard, finalement, dans ces sombres périodes. Il venait, disparait, et revenait encore plus présent quand j’étais au plus bas. Il m’aidait même en me décrochant quelques minces sourires quand il faisait des apparitions intempestives. Mon unique soutien. Un psychologue me prendrait pour un fou à tant me raccrocher à un simple souvenir. Il en parlerait même comme une pure invention de mon cerveau je pense. Une sorte d’ami imaginaire. Mais en fait de compte, j’étais mon seul ami. J’étais seul.

Des vêtements frais m’attendirent sagement sur la chaise la matinée du procès. J’apparus dedans devant la porte du procès, accompagné d’un gardien. J’étais l’un des derniers à rentrer. Connaissant la situation et son client par cœur, je m’attendais à voir débarquer en retard mon avocat. Quant au juge, il m’accueillerait avec son habituel sourire froid, sauf si la déception était aussi présente chez lui. Mon père, lui, serait derrière moi, fixant mon dos, se maudissant de m’offrir une telle vie. Je connaissais la rengaine à force. L’heure approchait et bientôt, je fis mon entrée.

Ce genre de cérémonie était plutôt flatteuse. Tout le monde se retournait sur mon passage, les quelques messes basses prirent fin, chacun des regards était porté sur moi. C’aurait pu être agréable comme entrée si la plupart de ses regards n’étaient pas aussi sombres et d’ores-et-déjà accusateurs. J’adressai un sourire poli au juge déjà installé puis à mon père, avec un peu plus de chaleur dedans. Vite combattu par la honte. Mon regard se baissa et je m’installais à la place de l’accusé, mains sur mes genoux pour cacher mon angoisse qui se jouait de mes doigts.


J'apprendrais à lire dans ton regard


_________________

And I still disappoint you

L'impression de te décevoir constamment ne m'a jamais quitté : à part souffrir un peu plus de ton absence, je ne vois aucune différence. © signature by anaëlle.
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