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Un murmure à mi-mot |PV|

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MessageSujet: Un murmure à mi-mot |PV| Dim 11 Déc - 0:04

« J'ai sur le bout de la langue ton prénom presque effacé. »
ft. Dimitri

Je pinçai des lèvres, en faisant nerveusement taper le bout de mon stylo contre ma paume. Le verdict était fait, et je laissai couler un regard désespéré vers le Dimitri déboussolé. Enragé, même. Mes voisins soupiraient, presque heureux d'une telle issue tandis que je restais là, abattue. Je n'avais cessé de croire aux yeux tristes du grand brun, incapable de me défaire de la vérité qu'il présentait. Il était sûrement vilain, cruel, avare, ou égocentrique mais sur l'heure, tout ses défauts étaient balayés par sa mine découragée. Un silence pesant s'installait, tandis que mon regard se posait sur l'avocat stoïque. Un sourire était né sur ses lèvres, un sourire prétentieux et fier qui nouait ma gorge de désarroi. Dans la cour de justice, tout me semblait injuste. Je ramassai mes affaires en vitesse, pressée par une colère indomptable. La réalité n'était qu'une série d'événements injustes, et dramatiques coupés parfois par quelques entractes déguisées en bonheur. Seul l'imaginaire restait un espoir pour me réconforter, quand à ma vie passée, je l'oubliais. Je la rangeais dans les méandres de mes souvenirs blessés, et tirai un trait sur ce qui semblait définitivement perdu. Plus de duchesse, d'amour, et de famille. C'était un rêve que j'avais à balayer, et dont ce procès venait d'aspirer les dernières miettes. Le soleil filtré par les grandes fenêtres du bâtiment venait éclairer le visage de l'avocat, triomphant sous cette lumière incontrôlable. Je jetai à Dimitri un dernier regard désemparé. Il était fou de rage. La loi du plus fort est la plus forte, me répétai-je afin de trouver logique à ce jugement invraisemblable. Aussi beaux avaient été les mots de l'attaquant, je n'avais pu en croire aucun. Je n'avais cru qu'à la douleur de l'arrêté. Le nez plongé dans mon sac pour tout y ranger, je sentis un rire gras suivi de quelques propos qui m'obligèrent à relever la tête:

" Enfin fini, hein? J'en pouvais plus de ses mensonges.
- Il ne mentait pas. J'en suis certaine. Il avait, il avait... Il était vrai.
- Ou bon comédien. Il a été arrêté des centaines de fois, j'ai pas de temps à perdre avec ça.
- C'est ça, au revoir. ", raillai-je en enfilant mon sac sur l'épaule.

Je me dégageai de ce débat tout autant inutile qu'insensé. La vie ne devait-elle donc se résumer qu'à une chance? S'il était là, n'était-ce pas pour l'équité? Pour un renouveau? Le croire me faisait naïvement penser qu'il comprendrait. Et qu'il changerait. Je me doutai au moins que lui accorder ma confiance était bien plus intelligent que l'assaillir d'insultes pour des faits passés. Le dossier était lourd, rempli d'horreurs, et d'immondices au sujet de cet homme. Cet homme qui à mes yeux n'était que le petit garçon pauvre qui ne faisait que se débrouiller. C'était ce que je faisais après tout. Plus légalement certes, mais je me débrouillai. Je ne faisais que cela. Je me fondai dans la masse. Rentrer à la maison, un chez moi qui n'en était pas vraiment un. Un chez moi qui ne semblerait jamais vrai tant que j'y vivrais seule. Il fallait que je passe à autre chose, que j'oublie un passé déjà fort effacé. Je devais avancer. Alors j'avançai entre ces gens inconnus et haïssables, étrangers déjà détestés. Dans ce tumulte, et cette masse mouvante, je me laissai emporter, mes pas me guider, sans réfléchir. Vers la sortie. Respirer.

"Y a-t-il un médecin? Nous avons un blessé, y a-t-il un médecin dans la salle?"

Mon coeur s'arrêta le temps d'un instant. Je ne voulais plus que fuir, me rouler dans la neige et y fondre en quelques flocons qui disparaîtraient sous la chaleur. Je levai pourtant timidement la main. Systématiquement. Machinalement. Mécaniquement. Spontanément. Pas le temps de réfléchir. Je faisais marche arrière, bousculant gauchement les personnes qui ignoraient chacun de mes appels:

" Excusez-moi. Pardon., puis atteignant finalement la silhouette tout de bleu, je lui adressai un sourire contrit, Je suis infirmière, que se passe-t-il? "

Son uniforme était plus imposant que jamais, et la taille impressionnante du policier me donnait la terrible impression d'être minuscule, et faible. Ses muscles étaient encore contractés, et une légère sueur froide coulait le long de sa nuque. Une ride barrait son front, prouvant à quel point il restait soucieux de ce qui venait de se dérouler. Je me tournai vers la silhouette cachée derrière son dos. En un battement de cils, je le reconnus. Lui. Le grand brun. Le visage ensanglanté de Dimitri me fit rapidement comprendre la situation. Je gardais la bouche entrouverte, prête à justifier un quelconque acte. Mais aucun mot ne sortait, et je continuais alors bêtement de secouer le visage pour me perdre dans mes pensées.

Il s'est débattu. Trop fort. Votre nom? Pour les papiers, vous savez.
- Anya.
- Nom de famille?
- Hum, je n'en ai pas vraiment. Je ne m'en souviens plus. Je peux m'occuper de lui.
- Bon. D'accord, je vais vous chercher la trousse de soins.

Débattu, trop fort. Je retenais ces mots dans mon esprit. Le dos tourné, je n'avais pu constater de la scène et pourtant. J'étais là, seule avec un Dimitri plus déterminé que jamais à faire parvenir sa vérité. Notre vérité. Je croyais en lui, aussi étranger me soit-il, il avait l'air, en quelque sorte, sincère. Je balançai mes bras, désolée, et me rapprochant de son visage, j'osai un bref:

Vous êtes Dimitri..? Je suis Anya. Infirmière. Je peux..?

Accompagnant mes propos, je tendais maladroitement ma main vers les blessures qui se formaient déjà et le sang qui coulait sur ses joues. Je me penchai vers mon sac, y chercher carnet et stylo pour établir une liste des symptômes, et me relevant, je lui donnai malencontreusement un coup de sac en plein la mâchoire.

Oh, mince! Désolée, je-ça va?


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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Dim 11 Déc - 20:19


Un murmure à mi-mot

Le verdict était tombé. Tout comme l’espoir d’être libéré. Je ne comprenais pas le juge. Jusqu’à présent, je n’avais jamais nié ma culpabilité dans les précédents procès. Ne pouvait-il pas être logique ? Ainsi que mon père, celui qui était censé le mieux me connaître ? N’avais-je pas le droit pour une fois de m’en sortir, à être cru, à être innocenté ? Sur le coup, je me sentais… Vide. Un gardien me fit me lever et commença à me mener dehors, sans que je ne dise ou fasse quoi que ce soit d’autre que d’obéir. Je me sentais impuissant face à ce jugement totalement injuste. C’est peut-être pour ça que je suis sorti de la pièce telle un robot, sans aucune émotion sur le visage. J’étais sous le choc mentalement. Vide de toute émotion physiquement. J’entendis la porte se refermer derrière moi et le gardien soudainement me narguer.

« Aller, ce n’est pas comme si tu ne l’avais pas cherché. T’es pas encore habitué à la prison depuis le temps ? »

« Je-n’ai-pas-fait-ce-visa-ça-n’était-pas-moi. »

Je sentis soudainement une tonne d’émotions et de sentiments ressurgir. Comme si les mots du gardien m’avaient réveillé. Comme si les mots de cet idiot furent l’effet déclencheur. J’avais prononcé cette phrase la machoire serrée, mais je n’étais pas encore sorti de mes gonds. Ca allait venir. Ca venait. Mon regard se tourna vers l’autre porte de la salle, d’où sortait la foule de mon procès. Mon père en faisait parti et partait, les épaules basses. Il ne se retourna pas une fois. Pas même lorsque je me mis à l’appeler. Une fois. Deux fois. De plus en plus fort. Je tentais de m’en rapprochais en m’éloignant machinalement du gardien, sans vraiment le vouloir. Je m’en moquais de lui. Tout ce que je voulais, c’était voir une dernière fois le regard de mon père. Clamer une dernière fois mon innocence. Avoir un soutien de sa part. Être pris une dernière fois dans ses bras avant sa visite… S’il venait me rendre visite.

Mon père finit par se retourner. J’eus un début de sourire mais la honte et la tristesse dans son regard cachèrent bien vite mes dents apparentes. Je me figeais soudainement tandis qu’il me tourna le dos et s’engloutit dans la masse de gens. L’incompréhension me pris. Ainsi qu’une rage fulgurante lorsque je sentis la forte poigne de mon gardien s’écraser soudainement sur mon épaule.

« Ou tu vas comme ça ? »

« Je voulais juste voir mon père… » me justifiais-je d’une petite voix.

« Ton père ? Un conseil : Oublie-le avant qu’il ne t’oublie toi. »

Sa phrase puait la vérité. Pas forcément pour mon cas. Mais je sentais son habitude à travers ses mots. Ses longues années passées à voir des familles se déchirer à cause de la justice lui donnait un certain historique. Mais que cela était justifié ou pas… Ses paroles me percutèrent comme un boulet de canon que je n’eus pas le temps de réceptionner.

Mon poing partit aussitôt dans son visage de manière injustifiée. Je ne savais pas pourquoi. Ce fut un geste qui fut si soudain mais si libérateur. Sur le moment. J’aurai pu fuir, en profiter, mais ce n’était pas ce que je cherchais à travers ce geste. A peine eu-je le temps de me rendre compte de mon acte, que le gardien s’abattit sur moi avec un enchainement de coups. Si le premier fut justifié, les poings qui s’additionnèrent à celui-ci, eux, n’eurent pas une réelle motivation mis-à-part l’égo d’un homme touché qui n’avait pas vu mon attaque arriver. J’encaissais du mieux que je pus, bras en croix devant mon visage mais ma maigre défense n’y faisait rien : je ne m’y étais pas préparé. A part reculer, je ne rendis pas vraiment la tâche difficile à ses poings pour s’acharner sur mon torse et mon visage. Mon dos claqua finalement contre un mur, tandis que des dizaines de regards nous observaient et s’indignait de la violence présente en ce batiment. D’autres gardiens vinrent finalement se mêler au spectacle, nous séparant. Ou plutôt, le séparant de moi. J’étais pitoyable. Contre un mur, sentant des perles de sueurs couler sur mon visage, impuissant face à tout ce qui venait de se passer. J’observais le gardien fou se faire éloigner de moi, tandis qu’un autre me poussa de quelques mètres pour me faire m’asseoir sur un banc. Nos regards se croisèrent quelques secondes avant que le mien ne lâche, se baissant tout comme ma tête. Je ne comprenais pas. J’étais perdu.

« Ne bouge pas de là. » dit-il, empoignant soudainement ma main, la menottant au grillage du banc. Je ne comptais pas partir de là. J’en avais trop fait. Je n’avais fait qu’empirer la situation par une violence si spontanée que je ne connaissais pas d’habitude. J’avalai ma salive, grimaçant soudainement face au gout de métal. Ma main libre se porta à mes lèvres et pus y déceler du sang. Je continuai mes observations en touchant finalement les gouttes de sueur que je sentais nombreuses. Ma main n’en fut qu’encore plus rouge. Une grimace se dessina sur mon visage que je continuais d’ausculter du bout de mes doigts.  J’avais de nombreuses plaies éparpillées un peu partout, certainement dues à une bague ou deux sur le poing du gardien.

Un énième soupir s’échappa. Mon cœur semblait désireux de se faire sentir à travers chaque micro-blessure. Au moins, la douleur me faisait oublier la situation actuelle. Je l’en remerciais presque.

Des pas attirèrent mon attention. Pas encore prêt à relever la tête, je ne fis qu’observer les jambes qui se rapprochaient de moi, jusqu’à ce que la voix de la jeune femme ne résonne. Je fus surpris d’entendre mon prénom de sa bouche. Surprise peu évidente à déceler sur mon visage, je finis par relever le regard maugréant un « Ouais » à sa demande d’auscultation. Mon regard se posa d’abord sur ses mains qui étaient désireuses de se rapprocher de mes blessures. Je les suivais des yeux comme si je les craignais, sur mes gardes, comme pour me préparer à la future douleur. Mais il n’en fut rien. Elles s’éloignèrent, ne demandant pas leur reste. Je restais pourtant bloqué sur elle, la honte m’empêchant d’oser croiser le regard de la dénommée Anya. Pourtant, rien qu’à sa voix, d’habitude, je l’aurai déjà défié, affichant un sourire enjoleur.

« HNNMH ! »

Je fus surpris par le sac d’Anya m’attaquant soudainement en plein visage. La douleur déjà bien présente ne fit que se raviver un peu plus, tandis que ma main vint se poser sur ma machoire endolorie. Une excuse fut aussitôt prononcée par l’infirmière. Une infirmière, ça ? C’était une blague ? Cette maladresse m’agaça, assez pour que de réels mots remplis d’arrogance ne sortent de ma bouche :

« Une infirmière ? Vraiment ? Je préfère croire que c’est l’autre fou qui vous a payé. Sinon j’aurai de la peine pour vos... »

Ca sortait tout seul. Encore une fois. Tout ce flot de mots. Ma main encore sur mon visage, je finis par relever le regard pour affubler mon agresseur d’un regard remplit de reproches en même temps que je terminais ma phrase. Mais sous le choc, mon ton se fit moins… Accusateur.

« …Patients… »

Je la reconnaissais. C’était la jeune femme convoquée pour mon procès. Celle pour qui mon cœur s’était un instant arrêté durant le jugement. Ou plutôt, celle qui avait le regard qui avait failli me causer un arrêt cardiaque. C’était le regard de mes rêves. A quelques détails prêts. De plus près, je pouvais le différencier de celui de mes souvenirs. Le regard de l’enfant -que j’avais vieilli pour ne pas fantasmer sur une gamine-  et celui de cette infirmière étaient... Ils étaient si proches. J’étais désarmé. Si bien que je ne rajoutais aucun mot suite à ma précédente phrase peu aimable que j’aurai pourtant voulu effacer. Pour lesquels j’aurai souhaité m’excuser.

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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Dim 11 Déc - 23:03

« J'ai sur le bout de la langue ton prénom presque effacé. »
ft. Dimitri

Oups. Son cri, de douleur très certainement, m'arracha un muet hoquet de surprise. Qu'est-ce que j'avais fait? A sa moue presque vexée, j'haussai les épaules. Ce ne fut que lorsque je perçus mon sac retomber lourdement contre mes hanches que je comprenais finalement la situation. Ma maladresse me valut un coup d'oeil assez méprisant pour me faire regretter mon volontariat. Je me confondais d'excuses en baissant timidement le regard, honteusement. Ce Dimitri auquel j'avais osé croire ne révélait que la façade qu'on lui blâmait. Un homme dépourvu d'empathie, et uniquement intéressé par ce qu'il y avait à y gagner. Sa mâchoire déjà amochée par la précédente bagarre abîmait son visage tout en sang. J'inspirai. Je gardai les paupières closes le temps d'un instant, puis papillonnant brièvement des cils, je m'osai à observer son expression. Chacun de ses traits prouvaient tous foncièrement son agacement. Ses bouclettes brunes retombaient sur son front, son sourire habituellement taquin avait disparu de ses lèvres, et les étoiles joueuses qui baignaient toujours dans ses prunelles s'étaient éteintes. Mordillant l'intérieur de ma joue anxieusement, je ne fus que plus étonnée lorsqu'il m'accusa d'un ton impunément arrogant: 

« Une infirmière ? Vraiment ? Je préfère croire que c’est l’autre fou qui vous a payé. Sinon j’aurai de la peine pour vos... Patients...
- Je ne demande pas votre avis! Et pourquoi vous me regardez comme ça? Redescendez d'un ton, mon ami! »

Emportée dans un élan défensif, je laissai mon index s'appuyer sur sa poitrine, le pointant du doigt comme le fautif. Ma voix vrillait incroyablement dans les aiguës, ce que je me reprochai aussitôt de ne pas avoir contrôlé.  Je n'allais pas me laisser marcher sur les pieds. Je n'avais jamais laissé quiconque me marcher sur les pieds, et ce n'était pas ce grand brun irrité qui allait gâcher ma journée en violant cette loi. Moi qui le trouvais sympathique. Je me renfrognai en croisant mes bras contre ma poitrine et tirant une moue boudeuse. C'était naturellement immature, mais à en voir sa réaction moqueuse, je me réconfortai en m'assurant que lui aussi se comportait comme un enfant. Je ne faisais que m'adapter à son niveau. Dans un silence pesant, je risquai finalement un regard. Ses yeux clairs, son nez fin, sa barbe mal taillée, tout pensait à croire qu'il aimait son personnage grossier. L'imposteur qu'il s'était forgé. J'avais cru en lui, mais chaque seconde passée à ses côtés était une seconde d'embarras. Et puis, c'était vrai, pourquoi me regardait-il comme une condamnée? Pour me déstabiliser, sûrement. Je levai les yeux au ciel alors qu'il me glissait quelques coups d'oeil désemparés. Je n'avais plus aucune pitié pour ce voyou. Enfin... Je ne pus réprimer un rictus satisfait lorsque le policier revint à nous, trousse à la main. Sa compagnie nous permettrait de passer outre le mauvais caractère de Dimitri. Di-mi-tri... Dès que ces syllabes me venaient à l'esprit, je me sentais vide. Comme si l'on m'avait volé quelque chose. Un sens à ce prénom. J'essayai de chasser cet air trouble qui venait combler mon visage et tripotai nerveusement l'une de mes mèches brunes qui tombait sur ma joue. Je reportai mon attention sur le costume bleuté. Mains sur les hanches, il avait tendu la trousse de soins avant de s'adosser à un muret, discuter avec l'un de ses collègues. Tout deux s'éloignaient, sans explication. Ils allaient m'abandonner avec Dimitri? Non. Je posai mes affaires par terre, en précipitation.

«Toi, tu ne bouges pas! » m'écriai-je envers Dimitri.

Lorsqu'il me désigna ses menottes du bout du menton, je ne pus réprimer un sourire contrit. Comme si j'avais la clé pour le libérer. Mais non, je n'étais qu'Anya. La parfaite inconnue qui allait simplement guérir ses blessures, avant de partir. Rentrer à la maison qui n'en était pas vraiment une.

«Hé! Vous n'allez pas me laisser seule, hein?
- Vous gérez la situation. Une fois soigné, vous le ramenez au poste? C'est à deux pas, Anna.
- Que-quoi? M-mais. Imaginez s'il me frappe. Je ne sais pas me défendre, moi! Et puis, il me provoque! Et je-j'ai juste dit que j'allais le soigner, pas en faire mon meilleur ami. Et je m'appelle ANYA!
- Calmez-vous. Le poste est en face, vous n'avez qu'à sagement l'emmener, des collègues s'occuperont de l'amener en cellule. J'ai une urgence.»

C'était ma journée. Un procès injuste avec un avocat mesquin, un policier mou et paresseux qui défiait très certainement la légalité et un Dimitri... Un Dimitri si Dimitri. Je retournai vers lui, roulant férocement des hanches pour faire soigneusement claquer ma semelle contre le parquet. Je gardai les bras croisés, l'air ruminant, et la coiffure qui se défaisait à ma marche pressée. Puis, désignant encore une fois du doigt le pauvre Dimitri sur qui j'allais devoir passer toute ma colère, je déclarai d'une voix encore tremblante:

«Ajoute un commentaire, et c'est avec moi que tu te battras. Et, je ne serais plus là pour te soigner. Compris? Hun. Bon. Laisse moi voir ce que tu as. »

Je radoucissais ma voix. Il ne manquait plus que je me fâche avec la seule personne encore là dans la salle. Je venais tâter ses blessures, du bout de l'ongle, avant de tapoter tendrement sur son visage d'un coton imbibé de désinfectant.

«Ca fait mal..?»

Je laissai mon regard se plonger dans le sien. Dans ses beaux yeux clairs qui prônaient toujours la fierté. Ma tête se penchait lentement sur le côté, comme si cela allait me rappeler quelque chose. Un détail qui permettrait d'enclencher le mécanisme de ma mémoire. Qui permettrait de raviver la flamme de mes souvenirs éteints. Tout avait brûlé, et je n'avais pour seuls souvenirs que des cendres et mégots. Et pourtant dans ce regard dépourvu de toute innocence, je semblai voir une faille vers mon passé.

Un passé oublié que Dimitri faisait indéniablement resurgir.

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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Lun 12 Déc - 1:07


Un murmure à mi-mot



Des excuses ? En fait, j’avais bien fait de rester figé là comme un bel idiot, subjugué par son regard. Mais je devais me faire des idées. Le regard si doux qui hantait mes pensées depuis des années ne pouvait pas appartenir à une telle femme. Une femme ? Une gamine. Voire une petite peste. Mes sourcils se froncèrent et je lâchai un « pff » tout juste audible. Mon regard aussi avait changé. J’essayais de récupérer un minimum de mon sérieux et de perdre toute l’innocence qu’avait offert mon visage il y a quelques secondes. On m’en avait souvent parlé de mon visage, lorsque j’étais étonné. On me comparait souvent à un gosse avec de grands yeux brillants de curiosité, entourés de bouclettes « angéliques ». J’esperais ne pas avoir eu cet « air », s’il m’arrivait vraiment de l’arborer. Je tournais mon visage tandis qu’elle me pointait un doigt trop accusateur à mon gout… Avant de se poser sur mon torse sans gêne. Mon corps gesticula légèrement comme pour dégager ce contact indésirable, avant de voir face à moi une véritable gamine. Et boudeuse en plus. J’y croyais pas. Mes yeux roulèrent au plafond, ma tête se penchant en arrière contre le mur tandis que j’effaçais quelques nouvelles gouttes de sang avec ma manche. Elle était infirmière ou non ? Qu’est-ce qu’elle attendait pour me soigner ? Je l’avais vexé ? C’est ça ? Elle ne voulait plus me soigner ?

Je redescendis mon nez pour la voir me fixer sans aucune gêne. C’était à son tour de me fixer bizarrement maintenant. Je n’en fis aucun commentaire, vu le caractère qu’elle avait, je savais que j’allais m’en prendre encore plus que maintenant. Autant rester silencieux, comme ça, tout ça passerait plus vite. Finalement, deux gardiens vinrent me sauver en apportant une trousse de secours, avant de faire demi-tour. D’accord, je comprenais l’inutilité de cette Anya. Après tout il était normal de ne pas se trimballer avec sa trousse de sec…

« T’es une marrante toi… » crachais-je en désignant du menton la menotte que ma main exposait fièrement. Je l’observais s’éloigner en la fusillant du regard, augmentant le niveau en entendant la conversation. J’haussais un sourcil en les observant. Sérieusement ? Cette peste me pensait violent envers les femmes ? J’en fus vexé en fait, si bien qu’elle ne méritait même plus mon attention. Je voulus croiser les bras comme elle pendant qu’elle revenait vers moi mais la menotte me ramena à la réalité. Je soupirai, excédé par cette journée. Et par ses paroles à nouveau. Elle n’en arrêtait pas avec ses ordres, ça en devenait insupportable. Elle se prenait pour une princesse ? Certes, elle en avait toute la beauté et toute l’attitude dans sa féminité mais… Non. Elle n’était qu’une pauvre infirmière ne servant que les basses besognes des docteurs. Rien d’autre.

J’étais injuste je le savais. Mais après tout, cette femme faisait partie des personnes m’ayant envoyé derrière les barreaux. A penser comme le juge. Comme mon père. En y repensant, je gardais le silence pendant qu’elle entama ses soins. Je me sentais si énervé après elle, après l’Homme, après tout le monde que je ne réagissais même pas aux blessures qui me tiraillaient. Pourtant, je ne me rappelais pas avoir pris autant de dégâts dans ma vie. Je sentais chaque centimètre de mon visage tirer et brûler sous le passage du désinfectant. Mais la fierté n’en faisait qu’à sa tête : je ne tiquais pas, comme privée de réactions. Je ne voulais pas lui donner satisfaction à travers des grimaces. C’est ce que je pensais, en tout cas, jusqu’à ce qu’elle s’inquiète à travers trois mots. Le regard sur le mur du fond, bras à moitié croisés, je mis quelques secondes avant de répondre.

« Je préfère m’abstenir de répondre, au risque de terminer encore plus en sang. » Commençais-je à dire calmement sans pour autant l’observer… Avant d’aussitôt enchainer sur un ton plus précipité, comme pour me justifier : « Et ça sera uniquement parce que je ne touche pas aux femmes… » Je m’arrêtais à nouveau de parler… Puis rajoutais presque pour moi un « Ni aux gamines… ». Bon, je cherchais là. Mais ce n’était pas de ma faute si elle était aussi formée que moi. Certes un peu plus, j’abusais. Mais cette fille me faisait sortir de mes gonds. Et d’un autre côté… Je m’aperçus que je profitais de cet instant. Il m’empêchait de me rappeler que bientôt, une telle conversation, un tel tête à tête, une telle personne, que tout ça, ne seraient pas présents en prison. A ces pensées, je sentis une brûlure s’emparer de mon cœur. Maintenant que je m’en étais aperçu… C’était douloureux. Et gâcher mes dernières minutes de liberté en me chamaillant n’était pas si agréable en fait. Surtout envers une personne aussi… Humaine, en fin de compte, malgré un mauvais caractère.

Un blanc trop imprégné me tira de mes états d’âmes. Elle était silencieuse, trop à mon gout. Je tournais enfin le regard envers elle et la vit me fixer intensément. J’eus un léger sursaut. Et je me sentis encore plus mal. Je fronçais les sourcils, m’en voulant soudainement. Ma bouche s’entrouvrit quelques secondes. Mon regard perdit le sien quelques instants, avant que je ne le relève pour… M’excuser. On va dire ça.

« Je… Oublie. C'était pas cool. Je... C'est pas malin.»

J'affichais une moue de travers, quittant une énième fois son regard qui continuait à me déstabiliser, accompagné d'une certaine brillance dans ses yeux. Je me vengeais sur elle de tout ce qu'il m'était arrivé, de ma peine, alors qu'elle n'y était pour rien... Ou seulement un minimum, n'ayant pas été la seule convoquée. Mes mains s'ouvrirent légèrement, comme pour continuer à me justifier. Je me sentais mal. J'avais envie de m'expliquer. De lui expliquer mon état d'âme, qui certes, ne justifiait pas mes paroles. J'avais besoin de la convaincre de mon innocence, de mon mal être, de le lui faire comprendre, qu'elle me comprenne. Qu'on me comprenne. Même si ça ne servirait à rien. J'avais besoin d'être cru. Mais mes mains se refermèrent, comme abattues, n'arrivant pas à lancer cet appel à l'aide. Tout ça ne servirait à rien.

«Arrête de me parler... Ca n'en vaux pas la peine. Plus vite tu me rameneras, mieux ça sera.»


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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Lun 12 Déc - 20:03

« J'ai sur le bout de la langue ton prénom presque effacé. »
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Je lui accordais un regard désemparé. Je me sentais alors très bête de l'avoir qualifié de violent. D'ailleurs, je ne l'avais pas pensé violent. L'idée simplement de me retrouver seule à ses côtés me terrifiait et cet argument aussi grossier soit-il était venu s'imposer sur mes lèvres. Je m'en voulais, et je mordillais aussitôt les coupables d'un tel tort. Cette rencontre avec l'accusé tournait à la catastrophe, et chaque seconde de non-dit n'était qu'un instant apaisant où nos esprits ne se disputaient pas pour des enfantillages. Dans un ton précipité, alors que je ne l'écoutais que distraitement, je l'entendis finalement enchaîner des phrases toutes plus sèches les unes après les autres. Chaque mot n'était plus qu'une épine qui se frottait à ma peau, et au point final, les ronces me piquaient enfin.

« Ni aux gamines... »

Une gamine. Il m'avait dévisagé, en laissant cette phrase en suspens. Nous étions là, plongés dans ce silence macabre sans que je ne puisse même protester. J'aurais dû élever la voix, lui répondre une autre moquerie pour oublier cette insulte, mais tout ce que je réussissais à faire était me murer dans ce silence. J'étais abasourdie. Plus aucun sourire venait tirer mon visage vers une expression joyeuse, je le regardais de cette expression muette. Simplement. Sans dire mot. Les mots n'étaient plus d'usage, aucun mot ne parvenait à définir la boule qui s'était formée dans mon ventre. Je lui en voulais. Plus que je ne l'aurais souhaité. Sa phrase m'était arrivée en pleine figure, comme un coup de fouet jaillissant de l'ombre. Je n'osais pas même regarder mon décolleté, pour y chercher un réconfort introuvable. Qui était-il? Qui était cet homme qui se permettait de proclamer un jugement si fièrement sans même imaginer que cela puisse m'offusquer. Je baissai le regard, incapable d'oser planter mes prunelles dans les siennes. Aussi belles ses pupilles soient-elles, j'étais inapte à les regarder sans sentir l'impression sale et nauséabonde du parfum de la honte s'imprégner de ma poitrine qui battait subitement plus fort. Je lui en voulais, je lui en voulais beaucoup. Et à chaque fois que je répétai ces mots dans ma tête, la peine se faisait plus grande encore. Je relevai les yeux pour le fixer. Intensément, désespérément. Je cherchai des excuses dans un regard vitreux qui fuyait le mien. Réalisant enfin que sa remarque avait titillé l'ego déjà abîmé de la petite orpheline que j'étais, il arquait un sourcil. Presque surpris. Je me sentais alors comme enfant, la maigre rouquine qu'on regardait de haut en bas avec dédain, jugeant d'un air supérieur chacun de ses faits et ses gestes, scrutant le moindre défaut, la moindre imperfection. Et j'étais là, hébétée, prise à court de mots avec la seule envie de fondre en larmes sur le chemin vers ma chambre. Dans ces moments là, je me glissai sous la couette, et, triturant nerveusement le pendentif à mon cou, je fredonnai une comptine qui me semblait à l'heure si lointaine. La mélodie ne me revenait plus. Et elle ne me reviendrait sûrement jamais. J'étais comme l'enfant qu'on venait de gronder, les grands yeux écarquillés qui suppliaient une explication. Je crois qu'il eut saisi lorsqu'après une seconde d'hésitation, il reprit:


«  Je… Oublie. C'était pas cool. Je... C'est pas malin.
- D'accord. »

Je tranchai le tout d'un ton sec, en plongeant mon regard dans les affaires toutes emmêlées dans la trousse de soins mal rangée. Le blanc pur et éclant de celle-ci contrastait avec les fines reliures rouges que j'effleurai tendrement de l'index. Je continuai bien à passer le fin coton sur son visage, mais dans un silence qui m'effrayait. Son visage encore rougi par du sang qui s'estompait au fur et à mesure que le temps s'écoulait, reprenait peu à peu une forme saine. A certains endroits, comme la pommette, la peau était finement ou même profondément entaillée. J'observai ce visage qui semblait renaître sous chacune de mes manipulations. Un visage qui se voulait doux et ferme, rieur mais moqueur, désespérément optimiste. Un paradoxe que je n'arrivais à déceler entièrement, et sous la facette d'un Dimitri distant, je ne pus que réprimer une moue attristée lorsqu'il intima comme un dernier souhait:

« Arrête de me parler... Ca n'en vaux pas la peine. Plus vite tu me rameneras, mieux ça sera.
- Dimitri., l'interpellai-je dans un souffle d'exaspération, Je te crois. Tout ce que tu as dit l'audience. J'y ai cru. Regarde dans quel piteux état tu t'es fichu... Tu crois vraiment que je vais t'abandonner comme ça? Tu te trompes. Il en faudra bien plus pour te débarrasser moi. » finis-je par articuler en lui dédiant un sourire.

Dimitri m'avait ému. Son innocence, son passé qui semblait lourd de secrets et de regrets, son présent incertain, et son futur pour lequel il n'avait qu'une image: celle de sa silhouette svelte dans une combinaison orangée. Je laissai mon pouce essuyer quelques gouttes de sang qui glissaient le long de son menton, puis roulant mon regard vers le plafond, j'ajoutai en riant:

« Ne pense pas que j'ai déjà oublié ce que tu as dit. »

Ca ne se voulait être qu'une blague parmi tant d'autres, mais le sous-entendu était bien évident. Son maigre aveu de culpabilité n'avait pas été comblé de quelques excuses aussi brèves soient-elles. Alors que je me décidai enfin à croiser une nouvelle fois son regard clair et éprouvant, et alors que je ne voyais plus que ces deux prunelles qui brillaient sous les spots, un grognement me tira de ma rêverie. Haute comme trois pommes, une masse non identifiée de poils et de bave sautillait jusqu'à nous. Un chien. Gris, et crasseux. Dans la cour de justice. Je sursautai en me faisant volte-face pour apercevoir la brave bête qui jouait avec de la poussière. Le chien qui n'avait certainement pour seule maison le quartier voisin se ruait vers mes cuisses qu'il venait gentiment griffer. Je le saisis tendrement dans mes bras, en l'apportant contre mon buste, aussitôt sa langue presque râpeuse vint se frotter à ma joue désormais dégoulinante.

« Regarde comme il est mignon! Tiens, caresse-le. »

Son poignet menotté, je le savais pertinemment incapable de le tenir de ses bras, je m'approchai alors d'un pas pressé d'excitation afin que son unique main libre puisse gratter le corps débordant d'énergie du chien sans nom.

Dans le fond, si un silence nous avait séparé pour un temps, il avait fallu d'un aboiement pour que j'avance d'un pas.

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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Lun 12 Déc - 21:31


Un murmure à mi-mot


Après mon souhait, je voulus me terrer dans le silence, juste en endurant le coton sur ma peau. Il y avait une certaine touche agréable malgré les brûlures qui commençaient enfin à me tirer de trois grimaces légères. Malgré tout ce que j’avais dit, elle ne se vengeait pas dans ses gestes. Elle les faisait avec une extrême douceur, faisant passer son éthique d’infirmière avant notre accrochage. Je trouvais ça noble de sa part mais ne fit aucun commentaire. Ce fut elle qui contre-attaqua ma demande, l’ignorant pour me rassurer. Le regard fuyant, je lui étais reconnaissant, pour chacun de ses mots, de ses pensées, pour la foi qu’elle eut en moi. Et même si ça ne ferait désormais plus rien, que mes trois années de pénitence allaient commencer, sentir quelqu’un de mon côté m’offrit une vague d’apaisement. C’était tout ce que j’avais demandé depuis le début, de mon arrestation jusqu’à mon procès. Et ce ne fut qu’après le jugement que j’eus le droit à cette brève bouffée d’air frais. Elle arriva à me tirer un bref rire. Bien vite arrêté par la suite de son discours, qui me fit même perdre mon sourire, me rabaissant à l’état d’un gamin encore honteux de ses dires. Je triturais mes doigts machinalement, voulant ajouter quelque chose, comme les excuses qui n’avaient pu sortir tout à l’heure. Mais un grognement nous tira à tous les deux de notre tête à tête.

Un chien ? Sérieusement ? Qu’est-ce qu’il faisait ici ? Je restais de marbre face à la petite créature aussi pauvre que moi, vu son état. Anya, elle, l’accueillit plutôt les bras ouverts, arrêtant mes soins et s’occupant plutôt de lui. Je fronçais les sourcils, plutôt jaloux de cette perte d’attention. Je souffrais, non ? Ca ne se voyait pas ? J’avouais continuer à faire ma tête brûlée de sale gosse, mais je méritais bien tout ça non, contrairement aux précédents coups du gardien ? De plus, il était vraiment agréable de se faire soigner par une main aussi douce que féminine. Ça me changeait de mon père et de ses coups de compresses appuyés violemment contre mes plaies. Il n’avait jamais appris la douceur, si bien, que je me débrouillais bien souvent seul.

Mes yeux roulèrent face à la phrase d’admiration de l’infirmière. Je ne répondis même pas, continuant ma moue de gamin abandonné et vexé d’être remplacé par un sac à puce. Le pire fut certainement quand elle se fit lécher pour ensuite le rapprocher de moi. Je me déplaçais un peu sur le côté, arrivant bientôt par-dessus ma main.

«Qu'est-ce que c'est que ça... Bah, il est tout sale ! » protestai-je, un peu indigné. Ne pouvant m’éloigner plus que ça du chien, celui-ci en profitant pour se secouer, lâchant un léger nuage de poussière. Ni une ni deux, je me mis à éternuer comme un bel idiot allergique. Me pinçant le nez avec ma main libre pour atténuer les éternuements, j’observais ce duo qui, par leur énergie déployée à m’embêter, allaient plutôt bien ensemble.

« Elouagne-ça-dde-moua… » la suppliais-je, parlant avec une voix en trompette par le fait de me boucher le nez. « Je douas êdre allergigue à ça. » dis-je comme un gamin à qui on approcherait volontairement le chien juste afin de l’embêter. Je lachais mon nez qui me tiraillait, une douleur dans laquelle je perçus un coup de poing donné lors de la bagarre. Je gardais ma tête assez éloigné du chien, qui se mit à lâcher quelques grognements. « Lui aussi fait partie du plan pour me terminer ? » lachais-je finalement avec un petit sourire amusé mais dérangé par la présence du cabot qui montrait ses petites dents, l'observant tantôt lui et tantôt l'infirmière. Finalement, plus l'infirmière, me sentant peu menacé par la bête qui était un minimum retenu.

« Rah mais ça va, je t’ai rien fait, toi! »

Ok, je parlais à un chien maintenant. Les trois ans allait définitivement être long vu mon état mental qui semblait déjà perdre le sens de la réalité.

« Tu ne veux pas le foutre dehors et continuer à me soigner au lieu d’envahir tes mains de tous ses germes ? »

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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Mar 13 Déc - 23:40

« When you and I were forever wild »
ft. Dimitri

Ses joues semblaient gonflées, presque jaloux de l'attention qu'attirait le petit chien. Les hommes, vraiment. Tous des enfants. En fait, je n'avais connu que très peu d'hommes. Presque aucun. Mais assez pour savoir que je n'avais besoin que d'un. Pas mon père, ou mon frère, mais cet homme. Ce grand brun qui berçait chacun de mes rêves, qui me demandait de revenir, qui voulait qu'on se rejoigne dans une de ses cités grandioses dont j'oubliais pourtant le nom au petit matin. J'espérai bien un jour pouvoir me souvenir du nom de cette ville, et l'y rejoindre. Retrouver cet amour passé, détruit, oublié et réduit en cendres. Peut-être même lui redonner vie? Quant aux hommes de ma famille, c'était peine perdue. Père certainement mort, et dans aucun souvenir il ne me semblait avoir pu être épaulée par un frère des plus aimants. Juste des sourires, des voix, des rires, des chants, des bribes de ma mémoire qui resurgissaient. Jamais de quoi satisfaire ma curiosité. Chien dans les bras, Dimitri se remuait tant bien que mal pour éviter les coussinets du chien dont on ignorait tout. Une âme égarée. Comme moi. Comme Dimitri. Dans le fond, nous n'étions que deux chiots à la rue, incapable de retrouver le chemin vers la maison. La vraie. Celle qui guidait mes espoirs. Plus le chien était près de l'arrêté que celui-ci hurlait en se bouchant le nez de manière enfantine. Je ne pouvais m'empêcher d'en rire, et mes éclats de voix excitaient encore davantage le chien fou de joie. Alors qu'il ne cessait de vainement se débattre, Dimitri lâchait quelques cris intempestifs qui bousculaient tout son tableau d'homme viril et inaccessible. Et il était effroyablement mignon à gesticuler dès que la patte du chien crasseux venait s'abattre contre son buste:

«  Tu ne veux pas le foutre dehors et continuer à me soigner au lieu d’envahir tes mains de tous ses germes ?
- Ouh, viens toucher mes germes! »

Sans prendre compte de ses protestations, j'approchai mes mains de son visage après avoir doucement relâché le chien sur le parquet. Je lui tendais mes paumes de main, prenant soin de toucher doucement son visage pour l'infecter des soit-disant germes nauséabonds. S'il y avait des bactéries ici, elles étaient définitivement dans les poils du chien, pourtant aucune puce ne pouvait sur l'heure être paniquante. Non. Juste le contact chaud de sa fourrure contre mon chemisier une fois repris dans mes bras, son dos qui se grattait vigoureusement contre le tissu tandis que je frottai l'arrière de son oreille. Y avait dans l'air ce qu'on pouvait appeler le bonheur. Je grattais le chien, Dimitri faisait semblant de bouder, et j'oubliais que cet instant était condamné. Arrêté, emprisonné. Trois ans, trois ans gâchés par un jugement bafoué. Le chien retournerait à la rue, ou pire serait emmené à la fourrière où personne n'irait le prendre. Dimitri, pareil. Moi? Je vivrais mon train train quotidien, dont je ne rêvais plus qu'une chose: quitter le wagon. Sous l'humeur festive, j'avais relâché le chien le laissant vaquer à ses occupations qui ne réduisaient qu'à jouer et tourner en rond à la recherche de sa queue. Le visage de Dimitri avait perdu de sa couleur rougeâtre, mais les quelques entailles ne s'effaçaient pas au coup de coton. Je sortais un des produits cicatrisants, et l'aspergeais sur un morceau de linge fin de gaze hydrophile, replié plusieurs fois sur lui-même. Le tendant comme un pansement, je le ramenai près de ses plaies, et positionnai gauchement la compresse sur sa joue. Je laissai sa main guider la mienne, là où ça piquait encore davantage.

«  Tu as toujours mal..? Tiens, garde cette compresse collée là où ça fait mal.  »

Une fois qu'il eut saisi la compresse, je retirai ma main et la faisait glisser de sa pommette jusqu'à la poche de ma veste dans laquelle je fourrais aussitôt mes doigts fébriles. Alors qu'il appuyait maladroitement sur les parties endolories de son visage, je le dévisageai, un sourire flottant sur les lèvres. Je lui en préparais une nouvelle, et nettoyant ses plaies, j'écartais quelques mèches brunes qui s'immisçaient sur mon chemin. Je plantai mon regard dans le sien, et dans ses prunelles, je voyais cette faille vers mon passé. Je voulais en savoir plus, plonger dans ses yeux. Vivre le moment présent en nous libérant de nos chaînes. Mais nous étions menottés au présent, et aux doutes. Nous avions perdu la clé.

«  Il ne t'a pas raté... Tu veux quelque chose? A boire, à manger? J'ai vu un distributeur au fond d'un couloir, je peux te chercher quelque chose. Après tout, on a le temps. »

On avait pas le temps. Je le disais pour m'en convaincre, mais je le savais qu'on avait pas le temps. On était pressé par une aiguille qui semblait tourner de plus en plus vite. A chaque tic, à chaque tac, je sentais l'étau qui se resserrait. Et dès que je le regardais, je serrais davantage la pauvre compresse imbibée en l'appuyant sur son visage. Comme si, cela me permettrait de garder ce moment dans ma paume. Mais il allait nous filer entre les doigts, et cette idée me bouleversait. Le chien après un large tour de la pièce, revenait se frotter à ma jambe. Je lui jetai un regard complice, sans ne jamais ôter la compresse de Dimitri. Je n'y arrivais pas, je voulais rester là, stoïque, sans dire mot, juste me souvenir d'un passé trop lointain.

«  Tu as peur? »

Je le regardai, les yeux clairs écarquillés. J'attendais une réponse, un signe. Parce que moi, j'avais peur. Terriblement peur. Et me l'avouer ça me torturait. L'entendre dire d'une bouche autre que la mienne, c'était rassurant. J'avais peur de l'avenir, la nostalgie du passé, et le doute du présent. Ma vie était un mystère dont je désespérais de trouver les indices. La coupable à la fin de l'enquête ne serait que moi. J'haussai les épaules en secouant la tête de droite à gauche.

«  J'ai pas envie de t'amener au poste. »

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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Jeu 15 Déc - 23:05


Un murmure à mi-mot



Deux adultes immatures. Ou bien deux grands enfants. Certes, elle m’écouta en relâchant le chien et en récupérant ce contact que j’avais désiré. Mais voilà qu’elle fit exprès de toucher mon visage et ses nombreuses plaies avec ses mains que je voyais comme un véritable nid de microbes, se moquant de moi par la même occasion, continuant de jouer avec ce sujet malheureux. Je continuais à gesticuler encore, d’abord grognant comme un enfant, puis me mettait à rire en me disputant avec elle de nos mains que j’éloignais de mon visage. Finalement, ses mains tantôt quémandées tantôt rejetées retournèrent sur le chien et c’est là que je m’aperçus du bonheur de les avoir un instant récupéré, seulement quand j’en fus privé. Je repris ma mine boudeuse, peut-être un peu moins véritable que précédemment. Jalouser son attention n’était pas vraiment adulte mais jouer avec une inconnue, alors que j’avais certainement frôlé une gifle il y a peu, était reposant. Ça me faisait penser à autre chose. Peut-être n’était-il pas trop bon pour moi de m’éloigner autant de la réalité et de ces barreaux mentaux qui m’avaient enfermé dès le coup de marteau de juge, mais c’était une bouffée d’air qui me faisait énormément de bien. Surtout après un moment passé à ne plus respirer sous les coups de l’autre idiot. En y repensant, je palis presque en me demandant si je n’allais pas le croiser à mon retour de prison.

Un soupir m’échappa tandis que je retrouvais une mine trop sérieuse. Ce fut le contact d’une compresse froide qui me ramena à la réalité. Un peu à côté de la plaque -ou en tout cas, des zones les plus douloureuses-, je vins automatiquement guider sa main, haussant à peine les épaules quand elle me demandait si j’avais encore mal. Oui, j’avais plutôt mal. La douleur était finalement apparue après m’être perdu trop loin dans mes pensées, mais je faisais mon viril. Je ne savais pas pourquoi. Je n’aimais pas vraiment me plaindre de base et avouer finalement cette douleur à Anya me donnait l’impression de paraître faible. Et je ne voulais pas l’être. Pas devant elle. De la fierté peut-être, ou l’envie de ne pas l’inquiété. J’étais mitigé pendant que j’appuyais principalement sur ma pommette gauche. Ce fut en appuyant un peu trop fort que je me mis à grimacer et revenir à la réalité, m’apercevant qu’elle me fixait depuis un bon moment. C’en était gênant. C’était moi qui fixait les jolies filles d’habitude, qui les gênait avec mon regard insistant. Je n’étais pas habitué à voir le contraire et je m’aperçus que c’était… Désarmant. L’immense ressemblance avec le regard de mes rêves devait y jouer pour beaucoup.

« De la nourriture de distributeur ? Avec les repas 4 étoiles que je vais avoir en prison, je préfère me réserver. »

J’ironisais. Encore une fois. Pour faire mon intéressant comme d’habitude ou toujours pour calmer ses inquiétudes. Car à ses mots, elle semblait vouloir rallonger la réalité. J’eus un léger rictus quand elle me parla du temps. Elle aussi voulait me rassurer apparemment. Ou se rassurer elle-même. Jusqu’à me poser une question dérangeante. J’avoue avoir tilté à ce moment-là, comme si je lui en voulais finalement de me demander ça. Je mis du temps à répondre, assez de temps pour qu’elle m’avoue à sa manière l’envie de me garder. C’est comme ça que je le percevais en tout quoi. Je finis par baisser mon regard. Gêné, abattu, perdant de ce jeu de regards, sachant pertinemment qu’il lui serait trop facile de lire dans mes yeux les réponses à ses paroles. Je perdais mes moyens clairement avec elle.

Après quelques secondes à entendre nos deux cœurs agités, je finis par reprendre le dessus. Ou plutôt, la raison reprit le dessus sur cet organe battant un peu trop la chamade pour cette délicieuse personne. Enfin. Profiter de cette ouverture. Parce qu’après tout… Je ne savais rien d’elle. Pourquoi être correcte ? Pour ses yeux ? Pour ses soins ? J’avais peur de m’attacher et ça ne servait absolument à rien si, comme convenu, elle m’amenait au poste. Au pire, ça ne serait jamais qu’une énième femme pour laquelle j’étais convaincu d’être attiré, avant de m’apercevoir que ce n’était pas celle que je cherchais. Comme d’habitude. Comme avec toutes les autres. De la manière la moins théâtrale possible, mes yeux se relevèrent, dans un mouvement hésitant, dans une voix d’un calme et d’un sérieux incroyable.

« Ne m’y amène pas alors. »

Un sourire timide s’afficha sur mon visage avant que mes yeux ne roulent à nouveau sur le côté quelques secondes, je finis finalement par rire doucement, ajoutant à ce début de blague, avec un ton plus ironique, plus surjoué, plus fantasque :

« Devenons Bonnie et Clyde et partons d’ici ensemble! Je sais créer de faux visas après tout. Et bien meilleur que celui pour lequel on m’a inculpé. Anya et Dimitri! Rosie et David! Quelque que soit nos prénoms tant que nous sommes ensemble à Paris ou encore Saint Pétersbourg! »

Un rire franc s’échappa. Bien que je me jouais d’elle, nous imaginer ensemble, poursuivis par des patrouilles, me faisait moi-même rêver. Nous imaginer un avenir ensemble. C’était bien la première fois que mon cerveau eut un minimum de sérieux dans ces scénarios totalement fous. Mon personnage redescendit sur terre, retrouvant son ton sérieux.

« Ne t’en fais pas pour moi. Ça ira. Je serais relâché à la moitié de ma peine pour bonne conduite... Et... Je veux bien une bouteille d'eau s'il te plait. Ou rien qu'un verre d'eau. J'ai la gorge sèche à force de raconter des bêtises.»


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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Mar 27 Déc - 0:14

« When you and I were forever wild »
ft. Dimitri

La spontanéité immature, et utopique de sa réponse me faisait esquisser un doux sourire. Si seulement. L'idée simple de m'échapper de cette réalité était idiote, alors avec ce, presque, parfait inconnu, cela aurait dû me faire rire par manque de logique. Mais non. Un modeste rictus flottait sur mes lèvres, démontrant la béatitude qui prenait chemin jusqu'à mon coeur. Bonnie et Clyde. Ces noms résonnaient comme un éternel écho dans mon esprit qui s'imaginait alors tout le bonheur qui m'emplirait si cela était vrai. Dimitri était un homme comme les autres, certes, cependant si je n'osais l'admettre à haute voix, je savais pertinemment qu'une telle fugue ne serait jamais aussi excitante avec quelqu'un d'autre que lui. Sous toute l'ironie de la chose, le pessimisme d'un avenir tout tracé rendait l'idée bien plus amère. Tout simplement car le scénario n'avait aucun potentiel, et que son large sourire auquel je n'avais d'habitude pas le droit prouvait bien les failles du projet. C'était insensé, et si idéaliste que je m'en voulais déjà d'avoir osé y croire. Je baissai les yeux vers le parquet, en riant. Ses mots me rattrapèrent aussitôt. La réalité était bien plus sèche et rude dès lors que je m'étais envolée au pays des espoirs. Un espoir si doux, impossible. Dimitri reprenant son personnage terre à terre, concluait d'un ton calme qui affirmait son sérieux:

«   Ne t’en fais pas pour moi. Ça ira. Je serais relâché à la moitié de ma peine pour bonne conduite... Et... Je veux bien une bouteille d'eau s'il te plait. Ou rien qu'un verre d'eau. J'ai la gorge sèche à force de raconter des bêtises. »

J'hochai de la tête et me faufilai hors de la salle du procès. Lui et moi qui nous évadions. L'image me restait inlassablement en tête, et dès lors que je secouais le visage de gauche à droite pour me convaincre de l'ironie du projet, l'image revenait se stabiliser dans mon esprit. Le gobelet en plastique blanc frémissait dans mes doigts, l'eau qui coulait dans un tilt qui la ramenait à la pureté d'une rivière miroitait alors dans une harmonie relaxante. Mes yeux se perdaient de le liquide qui se troublait au fond du récipient. Les mots de Dimitri me hantaient de nouveau, c'était un hymne. Un chant, un rythme, un refrain dans lequel mon coeur se plaisait à être bercé et aussi peu me l'avouai-je, j'appréciais la terrible sensation d'aimer sa voix plus que n'importe laquelle. Presque plus que celle qui râlait dans mes rêves. Cette voix masculine qui s'amusait avec provocation à me rappeler de lourdes moqueries. Cette voix finissait toujours par m'avouer son amour. Je sentais inlassablement mes lèvres remuer, et déclarer l'aveu qui me valait toujours un réveil, offert d'un large sourire. Chaque matin ou presque, je me souvenais de bribes de nos conversations, et chaque matin, je rêvais de retrouver cet homme que je perdais à la lueur du jour. Le claquement de mes propres talons contre le parquet me ramenèrent à la réalité, et relevant timidement le nez, mon regard se plongeait dans celui de Dimitri. Encore une fois, avec toujours une délicatesse qui se brisait dès lors que d'embarras l'un de nous roule les yeux au plafond. Lui tendant son verre, je prenais place sur une chaise après l'avoir fait bruyamment glissé juste en face de lui.

« Moi, j'aime bien tes bêtises. », pouffai-je en lui accordant un regard, conquis.

Je les aimais, c'était vrai. J'aurais voulu lui dire que j'aimais sa façon de se rebeller, la manière dont il m'avait regardé pour la première fois, les bouclettes brunes qui encadraient son visage. J'aurais voulu lui dire que j'aurais aimé être sa Bonnie. J'aurais aimé qu'il soit mon Clyde. Mais je me suis tu, et mon silence suffisait à mes espoirs de renaître. Je devais l'aider. En me fendant l'inférieur de la lèvre à force de la mordiller, j'esquissai:

« Dimitri? Comment je peux t'aider? Je-je peux pas. C'est pas juste, je peux pas... »

Ma colonne se hérissait, mes jambes se secouaient anxieusement, et mes doigts tremblaient contre mes genoux. Lentement, je ramenai mes mains contre mon front que j'entourai, toujours aussi nerveusement. Non, ce n'était définitivement pas juste. Le suppliant, dans un dernier souffle, je ravalai quelques larmes:

« Je veux t'aider. »

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MessageSujet: Re: Un murmure à mi-mot |PV| Mer 18 Jan - 23:23


Un murmure à mi-mot


Dieu qu’il était facile de tromper ce petit bout de femme. C’était méchant, puéril, mais c’était comme ça que j’étais. C’était dans mes habitudes. Dans mon intérêt. Si le début avait mal commencé, cette petite Anya semblait un peu sous mon charme avec lequel je jouais beaucoup. Autant rigoler aussi de mon côté et renvoyer une image similaire. Un lien de flirt n’allant que dans un sens ne me servirait pas. Il serait bien vite retenu. Et puis bon… Il fallait dire qu’elle avait quelque chose d’envoutant malgré elle. Et malgré moi. A cette idée, je me ressaisis, secouant ma tête pendant que mes yeux s’attardaient sur sa silhouette bienfaitrice, s’éloignant pour satisfaire mon souhait. Brave petite. Je ne sais pas où j’étais parti au début, certainement très loin. Son regard m’avait déstabilisé mais là je me reprenais. Je crois. Je ne savais pas vraiment. J’étais perdu, encore sous quelques tremblements dues à ces fichues émotions. J’avais plus de contrôle que ça d’habitude. Ce procès m’avait vraiment fichu en l’air, retirant mes facettes et ne laissant qu’une ombre faible. Et je détestais me sentir ainsi.

"Merci."

Je crois que je n’ai jamais autant apprécié un verre d’eau. C’était bête. Tout simple. Je n’étais pas à plaindre, je ne sortais pas d’un désert. Mais j’avais l’impression d’être un de ces humoristes avec leur bouteille d’eau trônant sur la scène, les abreuvant après chaque bêtise. Des bêtises. Voilà tout ce qui était censé sortir de ma bouche. Et pourtant, ce fut moi qui sourit et ricana doucement quand elle m’exposa son gout pour mes inepties. Nos rires s’entremêlèrent quelques secondes et me fit baisser les yeux sur mon verre. Finalement, je ne sais pas lequel était le plus accro aux mots de l’autre. Cette petite orpheline s’accrochant à moi ou moi-même m’accrochant à la première personne venue après un tel jugement ? Je ne connaissais rien d’elle, peut-être avait-elle de réelles raisons de s’accrocher à moi comme elle le faisait. Une célibataire ayant connu ce sentiment trop longtemps et voulant y remédier ? Non. J’avais beau ne connaitre cette Anya que depuis moins d’une heure, elle ne sentait pas cette superficialité. Elle transpirait l’espoir malgré tout ce qu’on s’était envoyé dans la gueule. Et ça me faisait de la peine. Puis je me reprenais. En continuant pourtant à me question sur ce à quoi elle pouvait bien arriver à s’accrocher. Je n’étais qu’un morceau de bois à la dérive. J’étais cette pauvre planche sur laquelle la dénommée Rose d’un film célèbre se rattachait désespérément après que Jack lui ait offert sa place. Tiens, peut-être avait-elle vécut un chagrin d’amour ? Que l’Homme de sa vie avait disparu. Je me faisais des films. Je m’intéressais trop à elle.

« M’aider ? »

Non, je ne m’attendais pas à ce que mon plan ait marché au point qu’elle me propose d’elle-même son aide. Je voulais juste qu’elle accepte ma proposition si j’en trouvais une capable de me sortir de cette mouise. Elle se répéta, avec l’expression d’une enfant perdue. Perdue, tout comme mes mots. Je n’arrivais plus à détacher mon regard du sien, tant il était encore plus hypnotisant avec cette légère brillance. Ca y est, je faisais pleurer les femmes. Ou plutôt, les fillettes. Elle me déstabilisait totalement. C’était fou. Je relevai ma tête sur le coup, bouche entrouverte. C’était gênant. Ma main posa le verre à terre pour plus de sécurité pour ensuite venir se poser amicalement sur le dessus de la sienne dans un geste qui se voulait réconfortant. Ou manipulant. Les deux peut-être. J’étais encore partagé. Devant l’absurdité de la scène, je ne pus retenir un petit rictus.

« Hé, tu vas quand même pas pleurer ? C’est ta mauvaise semaine, c’est ça ? »

Ouais, bon, c’était pas vraiment malin mais j’essayais de détendre l’atmosphère. Et je pensais que je préférais cette excuse à celle que j’avais réussi mon coup. Idiot de Dimitri. Je n’arrivais même pas à tenir mon rôle avec sa sensibilité. Sérieusement, ce genre de fille serait capable d’adopter chaque pensionnaire d’une SPA, tout comme elle avait craqué sur ma condition. Je ne sais même pas si elle se serait retournée en me croisant dans la rue. Moi, certainement. A cause de ses yeux. De ses fichus yeux. Pourquoi je restais autant accroché à un souvenir ? Pourquoi en avais-je fait un fantasme ? Il fallait bien que je tombe sur une fille ayant le même, évidemment, avec toutes ces paires d’yeux différents sur terre.

« Te rends pas malade pour moi. »

Ma main voulut s’avancer pour prendre son poignet. Prendre sa main serait un geste trop personnel. On se connaissait à peine, ç’aurait été n’importe quoi. De mon point de vue. Mais cette fichue chaine m’arrêta dans mon élan pourtant doux, m’expliquant que non, ça n’irait pas plus loin. Mon bras fut stoppé alors que le bout de mes doigts commençait à effleurer le dessus de son avant-bras. Je n’arrivais même pas à m’emparer de son mince poignet. Pour un centimètre. Je maudissais les menottes quelques secondes avant de reporter mon regard sur la caresse que j’avais sans vraiment le vouloir, offerte. Je reprenais mes esprits ainsi que mes mains que je joignais au dessus de mes genoux, me sentant idiot par cette caresse pas vraiment désirée. Elle me demander quoi déjà ? De m’aider ? Oui, il y avait…

« Sinon… Pour l’aide… Y aurait mon collègue Vlad. Il n’a aucun contact avec… Mon père. Donc si Vlad ne me voit plus et n’a plus de nouvelles, il ne comprendra pas. Donc… Si tu pouvais le prévenir. Il saurait quoi faire. J’étais censé le retrouver dans 3 jours devant la boulangerie à côté de la maison brûlée de l’ancien maire. On s’y retrouve toujours. » Je m’arrêtais quelques secondes. « S’il n’y a que ça pour m’aider et te rendre heureuse. A 19 heures.»



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And I still disappoint you

L'impression de te décevoir constamment ne m'a jamais quitté : à part souffrir un peu plus de ton absence, je ne vois aucune différence. © signature by anaëlle.
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